Coups de Gueule & Bonne Humeur

L’angoisse d’être parent

11 février 2016

Devenir parent, c’est apprendre à vivre avec la boule au ventre. Tout d’abord la peur de mal faire, de ne pas savoir s’y prendre. Et si on n’était pas de bons parents? Et si on faisait tout de travers? Et puis, on t’apprivoise. On prend de l’assurance. On apprend à ne pas se laisser atteindre par les remarques extérieures. On fait à notre façon, qui n’est peut-être pas la bonne ou la meilleure, mais qui est la nôtre.

L’angoisse est toujours là. On ne dort plus sur ses deux oreilles. On est à l’affût. Tout le temps.

Il respire?
Mais…t’es vraiment sûr qu’il respire?
Je l’ai entendu pleurer.
Tu l’entends?
Qu’est-ce qu’il a?
Tu crois qu’il a mal?
Il a peut-être faim?

Et puis tu grandis. Il y a des hauts et il y a des bas. Tu es parfois malade, et on ne sait pas ce que tu as. On n’est pas sûrs de faire les bons gestes. Pas sûrs de prendre les bonnes décisions. Et si ce qu’on pense être bénin était en fait quelque chose de plus grave? On s’engueule, on s’énerve. On est inquiets.

Tu commences à te déplacer, à explorer le monde. Tu tombes. Tu te relèves. Tu te blesses. Tu te fais des bleus. Et à chaque égratignure, c’est notre coeur qui est égratigné. C’est notre coeur qui se serre car on ne supporte pas de te voir souffrir. Mais il paraît que tu dois apprendre. Que c’est normal. Alors on est là, on t’encourage, on fait comme si tout cela ne nous atteignait pas. « Allez hop, mets-toi debout, tu n’as rien eu! »

Et puis il y a tous ces moments angoissants qu’on anticipe. Qui arriveront un jour, on le sait déjà. Ces moments où tu vas souffrir, et pour lesquels on ne peut rien faire. Ceux où tu seras confronté à la méchanceté des autres. Quand tu te feras taper par un petit camarade dans la cour de l’école, ou quand une demoiselle te brisera le coeur. Ces moments-là arriveront. On le sait. On ne peut pas les empêcher. Alors on sera là pour toi, pour te réconforter, et pour mettre du baume sur ton coeur, en même temps qu’on en mettra sur le nôtre.

Et il y a le futur. Ce futur qu’on ne connaît pas. Ce futur qu’on ne maîtrise pas. Et on a peur que tout ne se passe pas comme nous l’avions imaginé,envisagé, espéré. Mais surtout la peur du pire. Peur qu’il t’arrive quelque chose. Peur de te voir souffrir. Peur de te perdre.

Et puis peur que tu te retrouves seul. Peur qu’il nous arrive quelque chose. L’angoisse de ce que l’on ne maîtrise pas. L’angoisse de la fatalité.

Alors on te protège. Trop.
On t’aime. Au delà du possible.
On te serre fort dans nos bras pour que tu te souviennes. Que tu te souviennes de cela. Que tu te souviennes de ces moments heureux, remplis d’amour. Et surtout que tu saches qu’on est là. Qu’on sera toujours là pour toi. Qu’on veillera toujours sur toi.

Ces moments difficiles sont nécessaires à ton développement. Tu souffres, mais tu apprends.
Et ces angoisses permanentes sont nécessaires pour devenir parents. On a peur, mais on t’apprend.

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4 Comments

  • Reply Die Franzoesin 12 février 2016 at 16 h 56 min

    C’est tres beau et si vrai !!

    • Reply Emilie 14 février 2016 at 13 h 18 min

      Merci! Cela me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à être angoissée tout le temps! 😉
      Merci pour la visite
      Emilie

  • Reply Toney Snelson 12 mars 2016 at 11 h 11 min

    S’écouter est la clé de la réussite; la confiance se cultive et s’apprend, il faut la pratiquer pour y arriver. Trop de parents veulent être parfaits et souffrent donc d’une faible estime de leurs compétences parentales. On se compare au voisin, une cousine, une belle-soeur, et on a évidemment toujours l’impression que le gazon est plus vert dans la cour d’à côté !

    • Reply Emilie 12 mars 2016 at 12 h 44 min

      Tout à fait d’accord! C’est un réel apprentissage.

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